Compatriotes

Voici un livre pour mes compatriotes icaunais.
Le berger Louis est un roman d’un auteur du cru, complètement oublié aujourd’hui : Marcel Garnier.

Le jeune Marcel naquit à Quarré-les-Tombes, village pittoresque situé aux portes du Morvan, en 1890. Fils de commerçant, après l’obtention du Certificat d’études, il fut envoyé chez une tante qui habitait Paris où il dut trouver très vite un emploi : livreur puis groom dans un grand magasin parisien.

Pendant la Première guerre mondiale, il fut incorporé au régiment de Dragons basé à Joigny. En 1920, il se maria avec Madeleine Geoffroy, fille d’un entrepreneur, maire de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Quelques années plus tard, Marcel Garnier prit la suite de son beau-père et devint maçon ! Ce qui ne l’empêcha pas de consacrer son temps libre à ses deux passions : le théâtre et l’écriture. En 1936, les éditons Fasquelle publièrent son premier livre, un recueil de poèmes intitulé Sous notre toit.
Pendant l’Occupation, Marcel Garnier se consacra au théâtre avec, notamment, L’étreinte du sol et Les cousins de Quarré, pièces dédiées à son village natal, ce qui prouve l’attachement du « parisien » à Quarré-les-Tombes.

Après la guerre, Marcel Garnier abandonna la maçonnerie pour la plomberie ! Mais il n’abandonna pas l’écriture, loin s’en faut. En 1947, parut en feuilletons dans l’Yonne républicaine, un roman paysan basé sur une intrigue sentimentale : Madeleine Daurencin. Le jeune commis Louis est aimé par Tavie (Octavie) mais Louis est épris de Madeleine. Dès lors, la méchante Tavie n’aura qu’un seul but : évincer sa rivale, venger son amour déçu… par tous les moyens. Le berger Louis, édité en 1948, est la suite de ce roman à succès.

Incipit

Le lecteur d’aujourd’hui pourrait imaginer que les lieux du drame, la ferme des Pousseaux, par sa situation, correspondrait peut-être à la ferme des Chesnez (75 hectares coupés par la D606 qui monte en direction de Paris). Mais l’ancien domaine de la famille Guilliet dont les usines de fabrication de machines à bois employèrent une bonne partie de la population ouvrière locale, n’a rien à voir avec Les Pousseaux. En fait, il s’agirait plutôt d’une ferme, aujourd’hui disparue, anciennement située près des Conches, sans doute sur les hauteurs de l’actuelle zone commerciale des Clairions. Les Auxerrois s’y retrouveront…

Les années ont passé, le berger Louis se fait vieux. Il vit seul avec son chien Finaud, son unique compagnon qui semble comprendre ses paroles. Mais avant de retrouver sa patrie morvandelle, Quarré-les-Tombes, pour y finir ses jours, il décide de s’engager auprès de Monsieur Pousseaux, le propriétaire de la ferme, en recherche d’un homme de confiance. Or, il se trouve qu’arrive à la ferme une jeune bonne nommée Madeleine Mathieu qui, étrangement, ressemble trait pour trait à Madeleine Daurencin lorsqu’elle avait vingt ans… Face aux avances de Tonio, un jeune marseillais hâbleur, saura-t-il convaincre Madeleine de respecter son engagement auprès d’André Bertin, un jeune et honnête ouvrier ? Et, quand on retrouve le jeune Tonio sauvagement assassiné, à la ferme, qui défendra le vieux berger Louis que tous pensent coupable ?

Personnellement, je n’ai pas pu lire ce mélodrame paysan jusqu’au bout. Ne râlez pas, c’est un des dix droits imprescriptibles du lecteur d’après D. Pennac, non ? A mes yeux : suranné dans le style, personnages stéréotypés, péripéties et dénouement convenus, etc. Mais n’est-ce pas là encore de nos jours la recette du succès des « romans du terroir » ?

Page dédicace à Colette.

Première compatriote : Colette

Encore elle. Décidément ! Marcel Garnier entretenait une correspondance avec la célèbre écrivaine qu’on ne présente plus. Colette naquit dans l’Yonne et vécut à la campagne jusqu’ à son mariage. Cette œuvre lui fut dédiée en guise d’hommage. La grande dame de la littérature française fut-elle sensible aux malheurs du berger Louis ?

Envoi de l’auteur à Jean Moreau.

Deuxième compatriote : Jean Moreau

Cet exemplaire comporte un envoi autographe à Jean Moreau, ministre de l’Air. Il occupa le poste de secrétaire d’état dans l’armée car il fut un des « as volants » de la Première guerre mondiale. La carrière de Jean Moreau, homme politique français natif de notre département, est indissociable de la ville d’Auxerre (qu’il administra en tant que maire) et de notre département (conseiller et Président du Conseil général pendant trois décennies). Dans la première moitié du XXe siècle, tous les gourmands Auxerrois connaissaient les « Chocolats Moreau »…

Pour finir, je renvoie les lecteurs à la courte étude, bien documentée, de Bernard Léger, Président de la Société d’étude d’Avallon, dans deux numéros du magazine « Vents du Morvan » en 2007. Mais avant de refermer ce livre, un dernier coup d’œil au dépliant publicitaire que j’y ai trouvé. Toute une époque…

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